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 Entretien avec Nourredine Ayouch, fondateur de la fondation Zakoura "Le plus important pour moi c’est de lancer les projets, pas les titres".

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MessageSujet: Entretien avec Nourredine Ayouch, fondateur de la fondation Zakoura "Le plus important pour moi c’est de lancer les projets, pas les titres".   Jeu 2 Juin - 13:01

Dans cet entretien, le publicitaire revient sur son expérience de 14 années à la tête de la fondation Zakoura pour l'éducation et le microcrédit. Un bilan, au vu du nombre d'écoles créées et de personnes qui ont bénéficié de formations, qui fait sa fierté. Aujourd'hui, il décide de passer le flambeau.

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Nous avons appris que vous aviez quitté la fondation Zakoura. Qu’en est-il réellement?

Je n’ai pas quitté. J’ai tout simplement demandé au conseil d’administration, 14 années après avoir fondé la fondation Zakoura, de passer le flambeau à un autre Prédisent, Ali Ababou en l’occurrence. Je ne peux quand même pas rester Président à vie, la fondation ne m’appartient pas mais à ses employés, à son conseil d’administration, à ses sponsors… Lorsqu’on croit à la démocratie, à la bonne gouvernance, il faut l’appliquer à soi-même. Il est donc normal que je passe le flambeau.

Quel bilan faites-vous de ces 14 années?

La fondation Zakoura est une institution reconnue tant au niveau national qu’international. L’idée de départ était de rapprocher l’école des populations qui en étaient exclues pour diverses raisons principalement l’éloignement géographique. Ainsi, la fondation a créé 370 écoles, alphabétisé plus de 75.000 adultes, formé sur le plan professionnel 17.000 jeunes (de 8 à 16 ans) à la menuiserie, le plomberie, l’électricité, la couture… Par ailleurs, la fondation a sensibilisé 11.600 femmes aux notions d’hygiène, 1000 enfants ont été préscolarisés, 800 enfants de l’école publique ont bénéficié de soutien scolaire et près de 350 enfants et jeunes ont bénéficié de bourses pour pouvoir poursuivre leurs études dans les établissements publics après l’école non formelle. Enfin, 2.073 salariés ont été alphabétisés en entreprise. C’est vous dire que la fondation Zakoura a été pour moi une exaltante aventure pleine de joie et de fierté.

C’est une institution qui a gagné plusieurs prix à l’international et qui est reconnue pour sa rigueur. Nous ne travaillons pas comme une association quelconque. Je n’ai jamais cru au bénévolat. J’ai toujours dit qu’une association a besoin de personnel permanent. D’ailleurs, nous employons actuellement plus de 200 personnes à plein temps. Quand nous avons des projets, nous atteignons 500 personnes, entre enseignants, superviseurs, formateurs… Le siège emploie 20 personnes à plein temps.

Comment est structurée la fondation?

La fondation Zakoura, reconnue mondialement, a tissé des relations non seulement avec les sociétés et les ministères nationaux mais aussi avec des institutions internationales telles que l’Union Européenne ou le PNUD, avec également avec des Etats comme Monaco, l’Espagne, le Japon et l’Allemagne. Nous disposons de plusieurs départements: pédagogie, formation, relations avec les sponsors, communication et tout récemment nous nous sommes enrichis d’un département de l’environnement.

Nous sommes audités chaque année et l’ensemble de nos dépenses sont contrôlées par le ministère des Finances. Actuellement la fondation dispose d’un fonds de 200 millions DH, ce qui lui permet d’avoir une visibilité sur des dizaines d’années. Nous avons par ailleurs un comité d’éthique composé de personnalités connues pour leur probité telles que le président de la banque populaire, le président du CIH, Amina Lamrani, Dounia Taarji…

Qu'en est-il de la fondation Zakoura pour le micro crédit?

Actuellement c’est la banque populaire qui gère la fondation Zakoura pour le microcrédit. Cela étant, la fondation pour le microcrédit fonctionne de manière indépendante de la fondation Zakoura pour l’éducation. Quand nous avions commencé dans le microcrédit, en 1996, nous n’avions pas encore lancé la fondation pour l’éducation qui l'a été une année plus tard. Quand j'ai signé la cession à la Banque Populaire, j’avais demandé à quitter, car le plus important pour moi c’est de lancer les projets, pas les titres.

Est-ce que vous avez des relations avec l’Agence de Développement Social?

Il n’y a jamais eu d’interactions avec l’Agence de Développement Social (ADS), laquelle fait du bon travail. Nous n’avons pas de relation car à la fondation nous gérons des crédits autrement plus importants. Des banques se présentent chez nous pour nous proposer des crédits qui peuvent être de l’ordre de 10 millions d’euros et même de 15 millions d’euros.

Comme je l’ai déjà souligné, l’ADS fait un excellent travail mais malheureusement ne bénéficie pas des moyens financiers qu'elle mérite.

A ce sujet, j’aimerais dire qu’il serait judicieux d’instaurer une meilleure gouvernance de ces structures à l’image de l’INDH. Il faudrait une nouvelle structuration au niveau de l’organisation. Il faudrait à mon sens une seule institution avec une seule tête pour un contrôle permanent. Les structures de l’Etat ne doivent pas uniquement être contrôlées par l’Etat mais par des organismes privés extérieurs pour évaluer le travail fait par l’Etat. L’Etat ne peut pas être juge et partie à la fois. Je pense que l’on se dirige vers cette option, pour un plus grand impact. Récemment, j’ai assisté aux assises de l’INDH à Agadir et j’ai été impressionné par les réalisations de l’INDH et par la réceptivité par les pays africains. Mais je pense que l’initiative peut être plus efficiente.

propos recueillis par A. Sedrati
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