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 Mohamed ASRI, directeur de l’Observatoire de microfinance et président de l’AIDES* «La microfinance n’arrive toujours pas à éradiquer la précarité»

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MessageSujet: Mohamed ASRI, directeur de l’Observatoire de microfinance et président de l’AIDES* «La microfinance n’arrive toujours pas à éradiquer la précarité»   Mar 20 Mar - 13:48

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Le forum international pour le développement humain d’Agadir a ouvert

ses portes hier.La microfinance est un des moyens privilégiés par le Maroc pour lutter contre la pauvreté. Un spécialiste nous en parle !

«Une paix durable ne peut-être obtenue sans qu’une partie importante de la population trouve les moyens de sortir de la pauvreté. Le microcrédit est un de ces moyens». Confirmez-vous cette hypothèse ?

Absolument ! Puisque nous partons du postulat qu’un peuple pauvre et affamé est disposé dans tous les cas à se soulever, à agir dans une démarche d’insurrection et de rébellion. D’ailleurs, l’histoire nous l’a montré à bien des égards : un peuple pauvre est un peuple mécontent. Et un peuple mécontent donne une nation en guerre. Autrement dit, la paix durable est le résultat d’un processus constant et continu de faire sortir le plus grand nombre de la population de toute situation de précarité. Les populations pauvres constituent, la plupart du temps, un vivier propice au développement de toute forme de criminalité apte à déstabiliser la paix d’une nation, d’une région, voire de tout un continent…

Le microcrédit n’est pas le seul moyen, mais un parmi les meilleurs, permettant d’aider un grand nombre de personnes à sortir de la pauvreté en leur offrant la possibilité de financer leur projet et par conséquent de dégager des ressources et de se prendre en charge.

Qu’en est-il de la situation au Maroc ?

Au Maroc, on constate que les différentes actions menées par les Associations de microcrédit (AMC) se concentrent sur les populations les plus démunies. L’évolution historique du microcrédit au Maroc fait partie des meilleures expériences dans la région MENA et même en Afrique subsaharienne. L’une des preuves est le classement réalisé par Forbes sur les meilleures Institutions de microfinance (IMF) dans le monde, dans lequel trois associations marocaines font partie du top 12 des meilleures AMC mondiales.

Vous soutenez les porteurs de projet ou les exploitants de micro-entreprises, «sous des conditions garantissant la pérennité de leurs activité». Quelles sont ces conditions ?

Nous pouvons résumer ces conditions en trois maîtres mots : formation, accompagnement et sensibilisation. Dans un premier temps, nous accompagnons tous les porteurs de projet depuis l’élaboration complète du projet (business plan, étude de marché…) jusqu’aux différentes démarches administratives nécessaires à sa mise en œuvre. Ensuite, nous organisons des formations pour les micro-entrepreneurs en activité, et pour ceux voulant le devenir, afin de les outiller et de les mettre en phase avec le milieu professionnel et ses constantes mutations. Enfin, nous les sensibilisons sur les programmes pouvant les soutenir dans la réalisation de leur projet de vie et les mettons en relation avec les organismes capables d’intervenir dans le financement de leurs projets, ceci dans le respect d’un certain nombre de critères de sélection établis par ces entités.

Vous réalisez régulièrement des études de terrain, notamment sur le développement de la microfinance. Quels sont les thèmes et résultats des études les plus récentes ?

Dans le cadre du partenariat avec une ONG canadienne (MEDA), nous avons procédé l’année dernière à la réalisation d’une étude dans les régions de Tanger, Tétouan, Casablanca, El Jadida et Settat. Elle a pu définir les besoins en produits financiers et non financiers de ces populations, en plus de leurs attentes quant aux taux d’intérêts, aux garanties réclamées par les organismes de financement (AMC) et aux délais de remboursement.

Ces attentes revêtent un caractère important aux yeux des éventuels micro-entrepreneurs, avec une importance forte pour le montant du crédit (89%), suivi par le montant de la traite (86%), le taux d’intérêt (86%) et l’accueil (81%). La durée de remboursement est aussi considérée comme très importante avec 72%, suivie de la rapidité de service (71%). Nous sommes aussi en phase de boucler une étude pour le compte de la coopération technique belge, dans le cadre de son programme «Promotion des micro entreprises rurales dans le nord du Maroc à travers l’Appui au secteur du microcrédit» qui voudrait contribuer à la création d’emplois et de richesses au bénéfice des populations défavorisées dans la Wilaya de Tétouan. Cette étude devrait permettre l’élaboration d’un plan d’action visant à accompagner les AMC dans le développement d’une offre spécifique de microcrédit (crédit individuel) adaptée aux besoins et attentes des populations rurales ciblées par le programme, de proposer une assistance technique aux Sociétés de services aux entreprises (SAE), en vue de renforcer leurs capacités pour mieux accompagner les éventuels bénéficiaires de microcrédit dans la création ou le développement de leur micro-projet.

A l’heure actuelle, n’y a-t-il pas un risque de voir l’Etat et les bailleurs de fonds concentrer leur efforts sur la microfinance au détriment des autres actions nécessaires à la lutte contre la pauvreté ?

Non, ceci dans la mesure où la microfinance à elle seule ne peut pas éradiquer la pauvreté du monde. Juste pour vous faire un état des lieux, selon les données recueillies dans le cadre d’une étude, sur les 6,7 milliards de la population mondiale, 3 milliards vivent sous le seuil de pauvreté. La microfinance, quant à elle, ne dessert que 150 millions de clients. On estime que 500 millions restent à satisfaire. Au Maroc, la situation est tout autre. La microfinance a touché plus de 1,7 million de bénéficiaires ces dernières années, sans pour autant résoudre le problème de la précarité dans nos villes et nos villages. Nous considérons que le Maroc a réalisé d’importants efforts dans la lutte contre la pauvreté sur les aspects de la formation, la création d’activités génératrices de revenus, la lutte contre les bidonvilles, le désenclavement des douars… Toutefois, malgré la multitude des actions de part et d’autre, il reste beaucoup à faire en matière de lutte contre la pauvreté.

*Agence internationale pour le développement économique et social.

«La microfinance a touché plus de 1,7 million de bénéficiaires ces dernières années, sans pour autant résoudre le problème de la précarité dans nos villes et nos villages».
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